Baisse de désir dans le couple : comprendre avant d’agir

Il y a parfois un moment où l’on commence à se poser des questions. Les rapports sexuels sont moins fréquents, les gestes tendres ne vont plus aussi souvent plus loin, ou l’envie semble tout simplement avoir disparu.

L’un des deux partenaires s’inquiète. L’autre ne comprend pas toujours ce qui a changé. Et petit à petit, le sujet devient difficile à aborder.

Est-ce que je l’attire encore ? Est-ce que je l’aime toujours ? Est-ce que notre couple est en train de s’éteindre ?

Quand le désir diminue, on peut rapidement y voir le signe que quelque chose ne va plus dans la relation. Pourtant, le désir sexuel est complexe. Il évolue au fil du temps, des expériences, de l’état émotionnel, de la santé et de la dynamique du couple.

Avant de chercher à retrouver du désir à tout prix, il peut être utile de comprendre ce qui se passe. Car une baisse de désir n’a pas toujours la signification qu’on lui prête.

La baisse de désir dans le couple est-elle normale ?

Au début d’une relation, le désir peut être particulièrement présent. On se découvre, on se séduit, on pense beaucoup à l’autre. La nouveauté et l’excitation prennent parfois une place importante.

Puis la relation évolue. On partage un quotidien, des habitudes, des responsabilités. Le travail, les enfants, la fatigue et les préoccupations personnelles occupent davantage d’espace.

Le désir peut alors changer de forme, de fréquence ou d’intensité.

Il n’existe pas de fréquence sexuelle idéale qui conviendrait à tous les couples. Certains ont des rapports réguliers, d’autres beaucoup moins. Certains traversent des périodes de désir intense, puis des moments plus calmes.

Le nombre de rapports sexuels ne suffit donc pas à déterminer si un couple va bien.

La question est plutôt de savoir comment chacun vit cette situation.

Une baisse de désir peut être vécue sereinement par les deux partenaires. Elle peut aussi devenir une source de souffrance lorsque l’un se sent rejeté, que l’autre se sent sous pression ou que la sexualité devient un sujet de conflit.

C’est cette différence de vécu, cette souffrance ou cette difficulté à en parler qui mérite d’être explorée.

Pourquoi le désir sexuel diminue-t-il ?

Il est tentant de chercher une explication unique : le stress, la routine, les hormones, les problèmes de couple…

Mais le désir dépend souvent de plusieurs facteurs qui se combinent. Il peut être utile de distinguer ce qui se passe dans la vie personnelle, dans le corps et dans la relation.

1. La fatigue et la charge mentale prennent toute la place

Il est difficile de se sentir disponible pour la sexualité lorsque l’on est épuisé.

Une journée de travail chargée, les nuits interrompues, les enfants, les tâches domestiques ou la sensation de devoir penser à tout peuvent laisser peu de place au plaisir.

Le corps réclame du repos. L’esprit continue à faire des listes. Et l’idée d’un rapport sexuel peut parfois ressembler à une sollicitation supplémentaire plutôt qu’à un moment de détente.

Cela ne signifie pas nécessairement que l’attirance a disparu. Il peut simplement manquer de l’espace, de l’énergie ou de la disponibilité pour que le désir puisse émerger.

Dans certaines situations, retrouver du temps pour soi, mieux répartir les responsabilités ou alléger le quotidien peut déjà changer quelque chose.

2. Les tensions du couple s’installent

Il est parfois difficile d’avoir envie de se rapprocher physiquement d’une personne avec laquelle on se sent en colère, incompris ou seul.

Une dispute qui n’a jamais vraiment été réglée, des reproches répétés, une répartition des tâches vécue comme injuste ou le sentiment de ne pas être soutenu peuvent progressivement affecter le désir.

Ce qui se passe dans la relation ne reste pas toujours à la porte de la chambre.

Pour certaines personnes, le sentiment de proximité émotionnelle favorise le désir. Lorsqu’elles se sentent blessées ou éloignées de leur partenaire, l’envie diminue.

Cela ne signifie pas qu’il faut être en parfaite harmonie pour avoir une sexualité épanouie. Mais lorsque les tensions deviennent durables, elles peuvent rendre l’intimité plus difficile.

3. Le désir devient une obligation

C’est un mécanisme qui peut s’installer sans que les partenaires en aient vraiment conscience.

L’un aimerait avoir davantage de rapports sexuels. Il en parle, exprime sa frustration ou cherche à se rapprocher plus souvent. L’autre se sent attendu au tournant.

Au départ, les demandes peuvent être une manière d’exprimer un manque ou un besoin de proximité. Mais lorsqu’elles sont vécues comme une pression, elles peuvent produire l’effet inverse.

La personne qui ressent moins de désir commence à anticiper les sollicitations. Un baiser, une caresse ou un moment de tendresse peut devenir le début supposé d’un rapport sexuel.

Elle peut alors éviter les gestes affectueux, non pas parce qu’elle ne veut plus de proximité, mais parce qu’elle craint de devoir aller plus loin.

De son côté, le partenaire qui se sent rejeté peut insister davantage pour obtenir une preuve d’amour ou d’attirance.

Plus l’un insiste, plus l’autre se ferme. Plus l’autre se ferme, plus le premier se sent rejeté.

Le couple se retrouve alors dans un cercle difficile à interrompre.

4. Le rapport au corps ou à soi change

Le désir peut également être affecté par la manière dont on se sent dans son corps.

Une grossesse, un accouchement, des complexes, le vieillissement, des douleurs pendant les rapports ou une période de mal-être peuvent modifier le rapport à la sexualité.

Certaines personnes ont du mal à se sentir désirables. D’autres se sentent observées, jugées ou déconnectées de leurs sensations.

Il peut être difficile de se laisser aller au plaisir lorsque l’on est surtout préoccupé par son apparence, ses performances ou ce que l’autre pourrait penser.

Retrouver du désir ne passe donc pas toujours par le couple lui-même. Cela peut aussi demander de retrouver une relation plus sereine avec son corps et ses sensations.

5. La santé et les changements hormonaux entrent en jeu

Le désir sexuel n’est pas uniquement psychologique ou relationnel.

La grossesse, le post-partum, l’allaitement, la ménopause, certaines douleurs, les troubles du sommeil ou différents problèmes de santé peuvent modifier la libido.

Certains médicaments, notamment certains antidépresseurs, peuvent également avoir un effet sur le désir ou le fonctionnement sexuel.

Il est important de ne pas attribuer automatiquement une baisse de désir à un problème de couple.

Si le changement est soudain, persistant, source de souffrance ou accompagné d’autres symptômes, un échange avec un médecin ou un professionnel de santé peut aider à identifier les facteurs possibles. Il ne faut pas arrêter un traitement sans avis médical.

6. Le désir a changé avec le temps

Il arrive aussi que le désir ne soit plus tout à fait le même après plusieurs années de relation.

On connaît mieux son partenaire, les habitudes sont installées et la nouveauté a laissé place à une intimité plus familière.

Pour certains, cette sécurité favorise le désir. Pour d’autres, l’excitation liée à la découverte se fait moins présente.

Cela ne veut pas dire qu’il faut absolument recréer la passion des débuts. Il peut être plus intéressant de découvrir ce qui suscite aujourd’hui l’envie, ce qui nourrit la curiosité et ce qui permet à chacun de se sentir pleinement présent dans l’intimité.

Le désir ne revient pas nécessairement en reproduisant ce qui fonctionnait autrefois. Il peut demander d’inventer de nouvelles façons de se rencontrer.

Désir spontané, désir réactif : nous ne fonctionnons pas tous de la même manière

On imagine souvent que le désir sexuel doit apparaître spontanément. On voit son partenaire, on ressent de l’attirance et l’envie de faire l’amour arrive naturellement.

Mais ce n’est pas le fonctionnement de tout le monde.

La sexologue et médecin Rosemary Basson a notamment proposé un modèle de réponse sexuelle qui accorde une place importante au désir réactif, en particulier dans les relations de longue durée. Ses travaux invitent à ne pas considérer le désir spontané comme l’unique modèle de fonctionnement sexuel.

Le désir spontané

Le désir spontané correspond à une envie qui apparaît avant tout rapprochement physique. On peut ressentir une attirance, avoir des pensées sexuelles ou avoir envie de faire l’amour sans qu’un événement particulier ait déclenché cette envie.

C’est une expérience que certaines personnes connaissent fréquemment, mais qui peut aussi varier selon les périodes de la vie.

Le désir réactif

Le désir réactif apparaît plutôt en réponse à un contexte favorable ou à une stimulation agréable.

Une personne peut ne pas ressentir d’envie sexuelle particulière au départ, mais être ouverte à un rapprochement qu’elle souhaite librement. La tendresse, les caresses, le sentiment de sécurité ou le plaisir partagé peuvent alors faire émerger le désir progressivement.

Cela permet de comprendre pourquoi certaines personnes disent : « Je n’y pensais pas, mais une fois que nous nous sommes rapprochés, j’en avais envie. »

Cette distinction est intéressante lorsqu’un couple compare ses fonctionnements. L’un peut attendre que l’envie arrive avant de se rapprocher, tandis que l’autre découvre son désir au fil de l’intimité.

Chacun peut alors penser que l’autre ne fonctionne pas correctement.

Pourtant, ne pas ressentir spontanément du désir ne signifie pas nécessairement ne plus avoir de désir.

Attention toutefois : le désir réactif ne doit jamais devenir une raison de se forcer. Il ne s’agit pas de commencer un rapport sexuel dans l’espoir que l’envie finira par venir. Il faut pouvoir en avoir envie, se sentir libre d'explorer ses sensations et pouvoir s'arrêter à tout moment.

Ce modèle offre une piste de compréhension, pas une explication universelle. Les expériences du désir sont diverses et ne se résument pas à deux catégories.

Et si nos niveaux de désir étaient simplement différents ?

Il arrive que deux personnes s’aiment, se désirent et souhaitent poursuivre leur relation, tout en ayant des envies sexuelles différentes.

L’une peut avoir envie de rapports fréquents, tandis que l’autre ressent le besoin de davantage d’espace entre les moments d’intimité.

Cette différence n’est pas nécessairement le signe d’un problème. Elle peut toutefois devenir difficile à vivre lorsque chacun interprète le fonctionnement de l’autre à travers ses propres attentes.

Le partenaire qui souhaite davantage de rapports peut se sentir rejeté, moins attirant ou moins aimé. Il peut avoir l’impression de devoir toujours réclamer une proximité qui devrait, selon lui, être spontanée.

Le partenaire qui ressent moins de désir peut se sentir coupable, inadéquat ou sous pression. Il peut finir par avoir des rapports pour faire plaisir, éviter une dispute ou rassurer l’autre.

Petit à petit, la sexualité devient un lieu où chacun souffre à sa manière.

L’un cherche à se sentir désiré. L’autre cherche à ne plus se sentir sollicité.

Et les deux peuvent finir par se sentir incompris.

Dans cette situation, il est utile de sortir d’une question qui revient souvent : qui a raison, celui qui demande davantage de sexualité ou celui qui en ressent moins le besoin ?

Aucun des deux n’a tort simplement parce que son désir est différent.

L’enjeu est de comprendre ce que chacun vit, ce que la sexualité représente pour lui et comment trouver une manière d’être ensemble qui respecte les deux partenaires.

Asexualité, hypersexualité : quand la question du désir mérite d’être explorée autrement

Nous avons tendance à considérer qu’une sexualité épanouie correspond à un certain niveau de désir : ni trop faible, ni trop élevé.

Mais qui décide de ce qui est « normal » ?

Certaines personnes ressentent peu ou pas d’attirance sexuelle. D’autres éprouvent un désir sexuel très fréquent ou très intense. Ces expériences ne signifient pas automatiquement qu’il existe un problème.

L’asexualité : ne pas ressentir d’attirance sexuelle

L’asexualité désigne une orientation sexuelle caractérisée par une absence ou un faible niveau d’attirance sexuelle envers les autres. Les personnes asexuelles ont des expériences et des besoins variés : certaines souhaitent une relation amoureuse, certaines ont des rapports sexuels, d’autres non.

L’asexualité ne doit pas être confondue avec une baisse de désir apparue au cours d’une relation. Une personne peut avoir toujours fonctionné ainsi, sans que cela représente une souffrance pour elle.

En revanche, lorsqu’un décalage existe entre les partenaires, il peut être important d’en parler afin de comprendre ce que chacun souhaite vivre dans la relation.

L’objectif n’est pas de chercher à modifier une orientation sexuelle, mais de permettre aux partenaires de mieux se comprendre et de réfléchir à la place que la sexualité peut prendre dans leur couple.

L’hypersexualité : quand le désir ou les comportements sexuels prennent beaucoup de place

À l’inverse, certaines personnes ressentent un désir sexuel fréquent ou intense. Le terme « hypersexualité » est parfois utilisé pour décrire ces expériences, mais il ne constitue pas à lui seul un diagnostic.

Avoir beaucoup de désir, penser souvent au sexe ou avoir une sexualité active ne signifie pas nécessairement qu’il y a un problème.

La question se pose autrement lorsque la personne a le sentiment de perdre le contrôle de ses comportements sexuels, qu’elle essaie sans succès de les maîtriser, qu’ils prennent une place excessive dans sa vie ou qu’ils entraînent des conséquences négatives importantes.

Dans certaines situations, un accompagnement spécialisé peut alors être utile.

Que peut nous apprendre notre rapport au désir ?

Une question mérite d’être posée, quelle que soit l’intensité du désir : comment est-ce que je vis ma sexualité, et quelle place prend-elle dans ma vie ?

Une baisse de désir peut être liée à la fatigue, à la santé, à une période de vie ou à des difficultés relationnelles. Un désir très intense peut être vécu sereinement ou, dans certaines situations, devenir difficile à maîtriser.

Il peut aussi être intéressant d’explorer ce que la sexualité représente pour soi : un plaisir, une façon de se sentir proche de l’autre, une manière d’être rassuré, une recherche de sensations, une source de tension ou quelque chose dont on se sent éloigné.

Il n’existe pas une seule réponse valable pour tout le monde. Ce qui compte, c’est de comprendre son propre fonctionnement, sans se juger ni se conformer à une norme arbitraire.

Quel lien entre la communication et le désir dans le couple ?

La sexualité est parfois un sujet dont on parle peu, même après plusieurs années de vie commune.

On peut avoir peur de blesser son partenaire, de le vexer ou de remettre en question son pouvoir de séduction. Alors on évite le sujet, on fait semblant que tout va bien ou on attend que l’autre comprenne spontanément ce que l’on ressent.

Mais le silence laisse souvent place aux interprétations.

L’un pense : « Il ou elle ne me désire plus. »

L’autre pense : « Je ne peux jamais dire non sans le blesser. »

Et chacun finit par réagir à ce qu’il imagine plutôt qu’à ce que l’autre essaie réellement de lui dire.

C’est un mécanisme que l’on retrouve aussi dans les difficultés de communication du couple.

Dans mon article Comment améliorer la communication dans le couple ?, j’aborde notamment l’importance de parler de son vécu plutôt que d’accuser l’autre. Cette approche peut également être précieuse lorsqu’il est question de sexualité.

Dire « Tu n’as jamais envie » risque de fermer la discussion.

Dire « La sexualité me manque et je me demande comment tu vis les choses en ce moment » ouvre davantage la possibilité d’un échange.

Cela ne garantit pas que les deux partenaires seront immédiatement d’accord. Mais cela permet de commencer à comprendre ce qui se passe, plutôt que de rester chacun avec ses propres conclusions.

Comment parler de la baisse de désir sans blesser l’autre ?

Quand la sexualité devient un sujet sensible, les conversations peuvent rapidement tourner au reproche.

« Tu ne me touches plus. »

« Tu ne fais aucun effort. »

« Tu penses toujours au sexe. »

Derrière ces phrases, il y a parfois une vraie souffrance. Mais elles risquent de mettre l’autre sur la défensive et de rendre le dialogue encore plus difficile.

Il peut être utile de parler davantage de son vécu que du comportement de son partenaire.

Par exemple :

« La sexualité me manque et j’ai parfois peur que tu ne sois plus attiré(e) par moi. J’aimerais qu’on puisse en parler sans que tu te sentes obligé(e) de faire quoi que ce soit. »

Ou :

« Je sais que la sexualité compte pour toi. De mon côté, je ressens moins de désir en ce moment et je ne comprends pas complètement pourquoi. J’aimerais qu’on puisse chercher ensemble ce qui pourrait nous aider, sans que je me sente sous pression. »

Ces formulations ne règlent pas tout. Mais elles ouvrent une autre possibilité : celle de parler de la difficulté sans désigner un responsable.

Choisir le bon moment compte également. Une discussion sur le désir est rarement facile lorsqu’elle survient juste après un refus, au milieu d’une dispute ou au moment où l’un des partenaires espère un rapport sexuel.

Mieux vaut parfois en parler dans un moment calme, en dehors de la chambre, lorsque chacun peut prendre le temps d’écouter l’autre.

Comment retrouver une intimité quand le désir a diminué ?

Avant de chercher à augmenter la fréquence des rapports, il peut être intéressant de regarder la place qu’occupe aujourd’hui l’intimité dans le couple.

Recréer des moments de proximité sans objectif sexuel

Un câlin, un massage, un baiser ou un moment passé ensemble peuvent permettre de retrouver de la proximité.

Mais cela demande parfois de clarifier une chose : ces gestes ne sont pas nécessairement une invitation à aller plus loin.

Lorsqu’une personne sait qu’elle peut recevoir de la tendresse sans devoir ensuite accepter un rapport sexuel, elle peut retrouver davantage de liberté dans ses gestes.

L’enjeu est de permettre à chacun de se rapprocher sans avoir à anticiper ce qui est attendu de lui.

Sortir de la logique de performance

La sexualité peut progressivement devenir une source de pression : il faudrait avoir envie, avoir des rapports suffisamment souvent, satisfaire son partenaire ou retrouver les sensations d’avant.

Or, plus on cherche à vérifier si l’on ressent du désir, plus on risque parfois de se couper de ses sensations.

Il peut être utile de revenir à des questions plus simples :

  • Qu’est-ce qui me fait du bien ?

  • Qu’est-ce que j’ai envie de partager avec mon partenaire ?

  • Quelles caresses me plaisent ?

  • Qu’est-ce que je n’ai plus envie de faire ?

  • Qu’aimerais-je découvrir ou redécouvrir ?

L’objectif n’est pas de réussir une performance sexuelle, mais de retrouver une intimité qui ait du sens pour les deux partenaires.

Regarder ce qui se passe en dehors de la sexualité

Parfois, le manque de désir est aussi le symptôme d’un quotidien qui laisse peu de place au couple.

On gère les enfants, le travail, les repas, les rendez-vous et les obligations. On se parle surtout pour organiser la vie commune. Les moments de complicité deviennent rares.

Dans ce contexte, retrouver du temps à deux peut être utile. Pas nécessairement pour provoquer un rapport sexuel, mais pour se retrouver autrement que comme deux personnes qui font fonctionner un quotidien.

Un dîner, une promenade, une conversation qui ne porte pas sur les tâches à accomplir ou un moment de rire partagé peuvent contribuer à recréer de la proximité.

Il ne faut toutefois pas en faire une recette universelle : un dîner romantique ne résoudra pas à lui seul une douleur, une difficulté médicale ou une blessure relationnelle profonde.

Accepter que le désir ne se commande pas

On peut créer des conditions favorables au désir. On ne peut pas décider de ressentir de l’envie à une heure précise.

Cela demande parfois de la patience, surtout lorsque les deux partenaires vivent la situation différemment.

Le but n’est pas de convaincre celui qui ressent moins de désir d’en avoir davantage. Il s’agit plutôt de comprendre ce qui freine l’envie, ce qui pourrait lui laisser davantage de place et ce que chacun peut faire pour que l’intimité redevienne un espace agréable et libre.

Un exemple de consultation : quand la sexualité devient un sujet de tension

Prenons une situation fictive.

Claire et Julien sont ensemble depuis plusieurs années. Depuis quelque temps, Claire ressent moins de désir. Julien vit cette situation comme un rejet et commence à douter de son pouvoir de séduction.

Il tente davantage de rapprochements, mais Claire les anticipe avec inquiétude. Elle a peur de le décevoir si elle refuse, et finit parfois par accepter des rapports qu’elle ne désirait pas vraiment.

Julien, de son côté, ne comprend pas pourquoi les gestes tendres sont devenus si rares. Il a le sentiment de ne plus être aimé comme avant.

Au fil des échanges, chacun découvre que sa réaction a un effet sur l’autre. Julien cherche à être rassuré par la sexualité. Claire a besoin de ne plus se sentir attendue pour retrouver une forme de liberté dans l’intimité.

Le travail ne consiste pas à désigner celui qui devrait changer.

Il consiste à comprendre ce que la sexualité représente pour chacun, à remettre des mots sur les peurs et les besoins, et à recréer progressivement des moments de proximité qui ne soient pas chargés d’une attente.

La question peut alors évoluer : au lieu de se demander uniquement « Comment retrouver une vie sexuelle comme avant ? », le couple peut commencer à se demander « Comment retrouver une intimité dans laquelle nous nous sentons tous les deux bien ? »

Quand consulter pour une baisse de désir dans le couple ?

Il peut être utile de consulter lorsque la baisse de désir devient une source de souffrance, que les discussions tournent régulièrement au conflit ou que chacun commence à éviter le sujet.

Un accompagnement peut permettre de comprendre les attentes de chacun, les émotions qui se cachent derrière les reproches et les dynamiques relationnelles qui se sont installées.

La thérapie de couple ne vise pas à imposer une fréquence sexuelle ni à convaincre l’un des partenaires d’avoir davantage de rapports. Elle peut aider à retrouver un dialogue, à comprendre ce que la sexualité représente pour chacun et à chercher ensemble des pistes adaptées à la situation.

Selon les circonstances, un accompagnement individuel ou un avis médical peut également être pertinent, notamment si la baisse de désir est soudaine, s’accompagne de douleurs, d’une fatigue inhabituelle, d’un changement d’humeur ou semble liée à un traitement.

Il n’est pas nécessaire d’attendre que la sexualité soit devenue un sujet de crise pour demander de l’aide.

Questions fréquentes sur la baisse de désir dans le couple

Une baisse de désir signifie-t-elle que je n’aime plus mon partenaire ?

Pas nécessairement. L’amour et le désir sexuel sont liés chez certaines personnes, mais ils ne se confondent pas. On peut aimer profondément son partenaire et traverser une période de baisse de désir. Il est utile de chercher à comprendre ce qui a changé avant d’en tirer une conclusion sur ses sentiments.

Est-ce normal de ne plus avoir envie de faire l’amour pendant plusieurs mois ?

Le désir peut varier considérablement selon les personnes et les périodes de vie. Il n’existe pas de durée universelle à partir de laquelle une baisse de désir devient anormale. Ce qui compte, c’est notamment la souffrance ressentie, les changements observés et les éventuelles causes médicales ou relationnelles à explorer.

Comment faire quand mon partenaire a plus de désir que moi ?

L’objectif n’est pas de déterminer qui a le bon rythme, ni de demander à l’un de se forcer. Il peut être utile de parler des besoins, des peurs et des attentes de chacun, puis de chercher des formes d’intimité qui respectent les limites et les envies des deux partenaires.

L’asexualité est-elle la même chose qu'une baisse de libido ?

Non. L’asexualité concerne l’attirance sexuelle et constitue une orientation sexuelle. La libido désigne plutôt le désir sexuel, qui peut varier au cours de la vie. Une personne asexuelle peut avoir ou ne pas avoir de rapports sexuels, et une baisse de libido ne signifie pas nécessairement qu’une personne est asexuelle.

Avoir beaucoup de désir sexuel est-il un problème ?

Pas en soi. Une libido élevée n’est pas automatiquement un trouble. Un accompagnement peut être pertinent lorsque la personne perd le contrôle de ses comportements, qu’ils entraînent des conséquences négatives ou qu’ils deviennent une source importante de souffrance.

Faut-il consulter un médecin ou un thérapeute de couple ?

Cela dépend de la situation. Un médecin peut aider à explorer les facteurs physiques, hormonaux ou médicamenteux. Un thérapeute de couple peut accompagner les difficultés de communication, les tensions ou les différences de désir qui affectent la relation. Ces approches peuvent être complémentaires.

Peut-on retrouver le désir après plusieurs années de vie commune ?

C’est possible, mais il n’existe pas de garantie ni de méthode unique. Comprendre ce qui a changé, diminuer la pression, prendre soin de la relation et explorer de nouvelles façons de vivre l’intimité peuvent aider certains couples. Le chemin dépend de leur histoire et de leurs besoins.

Ce qu’il faut retenir

Une baisse de désir dans le couple ne signifie pas automatiquement que l’amour a disparu ou que la relation est condamnée.

Le désir est influencé par de nombreux facteurs : la fatigue, le stress, la santé, le rapport au corps, les tensions relationnelles ou encore la manière dont la sexualité est vécue au quotidien.

Nous ne fonctionnons pas tous de la même manière. Certaines personnes ressentent spontanément du désir, d’autres le découvrent progressivement dans un contexte favorable. Certaines ressentent peu d’attirance sexuelle, d’autres ont une libido plus importante. Aucune de ces expériences ne suffit, à elle seule, à définir un problème.

Lorsque la situation devient difficile à vivre, la première étape n’est pas forcément de chercher à retrouver davantage de rapports. C’est parfois de prendre le temps de comprendre ce qui se passe, individuellement et à deux.

Avant de chercher à relancer le désir, il peut être précieux de retrouver la possibilité d’en parler librement.

Pour aller plus loin

Au sein du cabinet Entre les mots, à Lyon et en visioconférence, j’accompagne les personnes et les couples qui souhaitent mieux comprendre leurs difficultés relationnelles, retrouver un dialogue plus serein et avancer à leur rythme.

Parler de sexualité n’est pas toujours simple. Mais pouvoir mettre des mots sur ce que l’on ressent, sans jugement ni pression, peut déjà ouvrir un espace pour se retrouver autrement.

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Pourquoi je tombe toujours sur le même type de partenaire ?